La République Démocratique du Congo (RDC)

La République Démocratique du Congo (RDC)

La République Démocratique du Congo (RDC)

Congo-Kinshasa La République démocratique du Congo est le troisième plus vaste pays d’Afrique derrière le Soudan et l'Algérie et le plus peuplé d'Afrique centrale. C'est le pays le plus peuplé de la francophonie avec une population estimée à plus de 68 millions d'habitants. Elle est également appelée « Congo-Kinshasa » pour la différencier de son voisin la République du Congo (elle-même parfois nommée « Congo-Brazzaville » pour les mêmes raisons), ou simplement Congo quand la situation ne prête pas à confusion. C'était autrefois le « Congo-Léopoldville », de l'ancien nom de sa capitale Kinshasa. Il a également porté le nom de Zaïre de 1971 à 1997.

Il s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l’est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerai. À l’extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique. Le pays partage ses frontières avec l’enclave de Cabinda (Angola) et la République du Congo à l’ouest, la République centrafricaine et le Soudan au nord, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est, la Zambie et l’Angola au sud.
La République Démocratique du Congo (RDC)

Plusieurs centaines d’ethnies de groupes noirs africains différents forment la population du pays. Son économie est principalement du secteur primaire (agriculture et exploitation minière). Le français est sa langue officielle et quatre langues bantoues (kikongo, lingala, tchiluba, swahili) sont des langues nationales.



La République Démocratique du Congo (RDC)Géographie
La République démocratique Congo s'étend de l'Océan atlantique au plateau de l'est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo, véritable colonne vertébrale du pays. Troisième plus grand pays d'Afrique, grand comme quatre fois la France, quatre-vingt fois la Belgique, 33 fois plus grand que le Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), une fois et demie plus grand que le Québec (Canada), ou encore grand comme la partie des États-Unis située à l'est du Mississippi, c'est le 12e État du monde par sa taille avec ses 2 345 409 km².

Le pays souffre d'un manque de voies de communication fiables. Le fleuve Congo donne au pays son seul accès à l'océan Atlantique dans la ville portuaire de Banana (dans un étroit corridor sur la rive gauche du fleuve traversant le territoire de l'Angola, qui dispose de la rive gauche, et dont il crée une petite exclave sur la côte atlantique entre le nord du fleuve et la frontière de la république voisine du Congo).

En raison de sa grande superficie, de ses énormes richesses et de son importante population, la République Démocratique du Congo est l'un des «géants» de l'Afrique, avec l'Égypte, le Nigeria et l'Afrique du Sud au centre de l'Afrique. Elle est traversée par l'équateur et comprend trois climats : le climat équatorial, le climat tropical et le climat de montagne.

La République Démocratique du Congo (RDC)
Elle possède trois fleuves, dont le Congo, deuxième plus grand fleuve d'Afrique, qui la traverse presque totalement; le Nil et le Shiloango, non navigable en RDC, et bien des rivières, tel la Fumi mais la plus importante étant l'Uele.

Économie
Autrefois les régions congolaises étaient impliquées dans le commerce triangulaire, la déportation d’esclaves contre des produits finis ou des fruits d’Amérique était assurée par les trafiquants européens. L'ancien Kongo a aussi pu se développer par les guerres en faisant prisonniers les esclaves et en les revendant aux commerçants arabes, européens et américains. En cela l’esclavage fut un véritable plat d’Esaü.

Depuis la colonisation belge, l’économie est fortement tournée vers l’exportation, notamment grâce aux produits miniers. Aucune industrie de pointe n’a été développée par les colonisateurs et les indépendantistes n’ont pas pu les développer. Par exemple, le cuivre est extrait en grandes quantités, mais il doit être exporté pour être traité, avant de revenir importé sous des formes finies (câbles, fils électriques…). Le tourisme a été ruiné par les guerres civiles.

La majeure partie de la population reste alors active dans l’agriculture bien que les terres cultivées ne représentent que 3 pour 100 du territoire. L'élite politique de Mobutu a détourné énormément d’argent des caisses de l'État. En effet, tous les hauts fonctionnaires mobutistes possédaient des avoirs dans presque tous les pays industrialisés et ont fait du Congo/Zaïre un des pays les plus endettés d’Afrique.

Dans le détail, la République Démocratique du Congo possède un important potentiel de ressources naturelles et minérales. Son économie s’est cependant drastiquement ralentie depuis le milieu des années 1980 à cause de détournements de fonds.

L’agriculture reste le principal secteur de l’économie. Les principales ressources agricoles sont le café, le bois (afromosia, ébène, wengé, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki…) et le caoutchouc.

Les principales exploitations de cuivre et de cobalt sont dominées par la Gécamines et de ses partenariats. Le diamant industriel est extrait par la MIBA. Mais dans un pays ravagé par la guerre civile, une grande partie de l'exploitation et l'exportation de produit miniers se fait clandestinement.

Démographie
Vue sa taille, le Congo-Kinshasa est peu peuplé avec 20 habitants au km2, la population se concentre sur les plateaux, dans la savane près des fleuves et des lacs; le nord et le centre du pays, domaine de la jungle sont quasiment vides. L'exode rural a gonflé les villes et surtout Kinshasa. Les grandes agglomérations sont Kinshasa (8 millions d'habitants), Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Mbandaka, Bukavu, etc.

La traite esclavagiste des Portugais à l’ouest et celle des Arabo-swahilis à l'est a considérablement vidé le territoire. Le régime de Léopold II a conduit à des massacres de grande ampleur et a encore plus diminué la population. Ce n'est qu'avec la crise de 1929 et la fin de la Seconde Guerre mondiale que la population commence à augmenter rapidement. Le régime de Mobutu a encouragé la natalité d’après le slogan « plus de population pour avoir plus de poids sur la scène internationale ». Avoir beaucoup d'enfants assure, à l'époque, une meilleure retraite et plus de respect dans la société.

L'explosion démographique a transformé le Congo des années 1960 et ses 15 millions d'habitants en géant de 63 millions d'habitants. La population est caractérisée par sa grande jeunesse, plus de la moitié des habitants ont moins de 20 ans. Durant la guerre interafricaine (1997-2005) 3,9 millions de Congolais sont décédés majoritairement de maladies infectieuses dues à la malnutrition et l'exode. C'est le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde guerre mondiale.

Le peuple congolais est composé de plus de plusieurs centaines d'ethnies – certains donnent le nombre de 200, 250, plus de 365, 400 ou 450 – formant différents groupes. Néanmoins, de nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.

La République Démocratique du Congo (RDC)
Social Éducation et Recherche
Du fait de la carence de l’État, le système éducatif au Congo est essentiellement financé par les parents. Le taux de scolarisation est de 52 % et le taux général d’analphabétisme (en 2004), très élevé – 33,2 % –, atteint 43,3 % chez les femmes. La scolarisation primaire a diminué à cause de l’isolement des régions, de l’incapacité croissante des parents à payer les frais scolaires, du manque d’entretien des infrastructures, du manque de manuels scolaires et de la baisse de la qualité de l’instruction. Les instituteurs perçoivent un salaire de moins de 20$ par mois. Le programme national prévoit l’école universelle à l’horizon 2015, mais l’objectif ne paraît malheureusement pas crédible. La recherche scientifique et technologique est menée tantôt sous la direction du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et tantôt sous la direction du ministère de la Recherche scientifique et technologique.

Santé
De manière générale, les indicateurs sociaux ont des niveaux préoccupants : le taux de mortalité infantile est passé de 12,5 pour mille en 1990 à 17,0 pour mille en 2000, le taux de mortalité maternelle de 800 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 2 000 décès pour 100 000 naissances actuellement, l’espérance de vie était de 42 ans en 2002 contre une moyenne africaine de 51 ans, l’accès aux services de santé de base est inférieur à 26 pour cent. Le paludisme fait des ravages en RDC.

De plus, des maladies autrefois éradiquées comme la trypanosomiase, la lèpre et la peste ont resurgi, et la pandémie du VIH/SIDA touche plus de 4 pour cent de la population entre 15 et 49 ans. Le chiffre pourrait s’élever à 20-22 pour cent dans les provinces orientales où il y a encore quelques troubles. Selon les dernières estimations, environ 750 000 enfants ont perdu au moins un de leurs parents en raison de la maladie.

Cette situation perdure depuis déjà des décennies. Pauvreté et inégalité
La République démocratique du Congo est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec des inégalités très marquées malgré ses multiples et diverses richesses. Cette situation s'explique surtout par les différents conflits aux effets dévastateurs qu'a connus le pays.

Les violations des droits humains, – résultat des conflits armés – en particulier des enfants et des femmes, ont eu des répercussions très profondes au sein des populations. En 2002, 80 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour. Près de 44 % des femmes et environ 22 % des hommes n’ont aucun revenu. Les disparités régionales sont très fortes. Les populations de l’est du pays vivaient en moyenne avec 32 dollars par an et par habitant alors que celles du sud disposaient de 138 dollars et celles de la province de Kinshasa, de 323 dollars, dix fois plus qu’à l’est. La pauvreté se manifeste par la malnutrition qui touche entre 30 et 50 % des femmes et des enfants. Au total, 16 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. De nombreux groupes vulnérables se sont formés (réfugiés, orphelins, enfants déscolarisés ou enfants soldats) qui manquent de soins et de nourriture.

Culture
La culture congolaise est très diverse car le Congo-Kinshasa est composé d'une centaine de groupes ethniques, en majorité bantous, et s'étend de l'embouchure du fleuve Congo, puis dans la forêt du bassin du Congo jusqu’à la région des grand-lacs et la savane.

Depuis la fin du XIXe siècle, les modes de vie traditionnels de la région ont changé à cause du colonialisme, la lutte pour l'indépendance, le règne long de Mobutu, et récemment, la Première et Seconde Guerres du Congo. Malgré cela, les traditions et la culture congolaises ont su garder leur individualité. Plus de 60 % des habitants vivent dans des zones rurales. 30 % de ceux qui vivent en zone urbaine sont culturellement ouvert à, ou influencé par l'Occident.

La bibliothèque rétrospective de la Rd-Congo : 1960-2004, éditée par les Presses de la Médiathèque francophone de la Funa recense plus de 9 000 notices bibliographiques, plaçant la République démocratique du Congo parmi les premiers pays d’Afrique francophone dans la publication d'œuvre.

Langues
La population du Congo parle plus de 200 langues. Sur le plan linguistique, il est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. En effet, l'Atlas linguistique du Congo Kinshasa dénombre 221 langues pour une population totale (estimée en 1996) à 42,2 millions d'habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de 190 000 locuteurs. Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne. Tous les Congolais parlent l'une des quelques 200 langues « ethniques », voire plus de 400 dialectes. En plus du français, langue officielle, la loi reconnaît quatre langues nationales : lingala, swahili, kikongo et tshiluba. La plupart des Congolais parlent plusieurs langues. Le français, le lingala (à l'ouest) et le swahili (à l'est) servent de langues véhiculaires.

Avec plus de 66 millions d'habitants estimés en 2008, selon certaines sources, la République démocratique du Congo est désormais le premier pays francophone du monde, devant la France. Une minorité grandissante parle couramment le français (environ 15 millions de personnes dont 3 millions parfaitement selon une estimation de l'ambassade de France et 24,32 millions selon la dernière estimation de l'OIF). En effet, l'éducation secondaire est assurée en français à travers le pays. Le français de la république démocratique du Congo, ancienne colonie belge, a beaucoup emprunté au français de Belgique et au wallon. Il a également développé des caractères propres et de nombreux néologismes.

36 millions de Congolais utilisent le lingala comme première ou seconde langue, il est également parlé au Congo-Brazzaville, en Centrafrique et en Angola, ce qui peut faciliter les communications vers ces pays. Le lingala, parlé initialement par les Ngala, s'est répandu car il était la plus parlée par les militaires et les missionnaires pendant la colonisation belge. Il a connu son apogée sous Mobutu car il était la langue du pouvoir et de la très populaire musique de Kinsasha.

Le swahili, qui compte 10 millions de locuteurs au Congo mais qui est aussi parlé dans de nombreux pays d'Afrique de l'Est, a été introduit au Congo avant la colonisation par le biais du commerce, en particulier celui des marchands d'esclaves. Les Kabila ont favorisé cette langue parlée dans leur région d'origine et elle est la seule avec le français à figurer sur les billets de banque.

Le kikongo (2 millions de locuteurs) est la langue des Bakongo des deux Congo, en Angola et Gabon. C'est la première langue d'Afrique centrale à avoir disposé d'une grammaire écrite lorsque le royaume de Kongo est entré en contact avec les Portugais en 1645.

L'anglais est parlé par 100 000 locuteurs réels (surtout dans la région de Kisangani et dans le sud), auxquels il faut ajouter 200 000 anglophones partiels.

Vers les zones frontalières du Cabinda et de l'Angola, le pays compte quelques milliers de lusophones mais leur nombre exact est inconnu.

Vestige de la colonisation belge, le néerlandais qui fut la deuxième langue administrative du Congo Belge de 1908 à 1960 n'est plus parlé que par quelques centaines de personnes âgées de plus de 60-65 ans, qui sont le plus souvent des retraités de l'ex-administration coloniale, qui ont fait leurs études en Flandres (Anvers, en majorité), ou d'anciens militaires, souvent métis. D'ici quelques années, le néerlandais, dont les statistiques sont difficiles à établir, devrait disparaître.

Religions
* Chrétiens catholiques : 32%
* Chrétiens protestants : 20%
* Kimbanguistes : 15%
* Musulmans : 23%

Sports
Les congolais adorent le football, Leur équipe nationale est surnommée les léopards en n°2 vient la boxe, puis le basket-ball En général, les congolais sont sportifs, et ont une passion pour le football comme tous les pays africains.
Gastronomie

Gastronomie
La cuisine congolaise est raffinée et originale, ses ingrédients sont très variés : poisson, viande, patate douce, tomate, citrouille, riz, foufou, bananes plantain et manioc presque toujours accompagnés de sauces typiques de chaque région. A part les fruits épluchés, on ne mange pas cru, le climat étant propice aux parasites. Les feuilles de bananiers et de manioc (Pondu) sont consommées seules, en accompagnement ou servent pour la cuisson.

Le plat le plus courant est le Moambe, poulet à l'arachide.

République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
Préhistoire
Les plus anciennes traces de peuplement au Congo sont associées à un Pré-Acheuléen, découvert sur les sites archéologiques de la Mulundwa au Katanga, de Katanda 2 et de Sanga 5 au Kivu. Les galets taillées ou choppers ont un âge estimé à plus de 200 000 ans, sans qu'il soit possible d'être plus précis aujourd'hui.

Le territoire du Congo-Kinshasa était anciennement peuplé uniquement par des chasseurs-collecteurs, peut-être en partie ancêtres des peuples pygmées actuels. Entre les traces d'un Pré-Acheuléen et l'arrivée des premiers villageois, le Congo sera toujours occupé par des groupes nomades, chasseurs-collecteurs, tailleurs de pierre, de cultures différentes.

L'Acheuléen est attesté par de nombreuses découvertes isolées de bifaces et de hachereaux ainsi que par le site de La Kamoa au Katanga.

Durant le deuxième millénaire avant J.-C., le nord de l'Afrique équatoriale vit une vague de migrations de populations productrices de nourriture, néolithiques, parlant pour certaines des langues bantoues. Entre – 3 500 et – 2 000 ans, une première occupation villageoise dont l'épicentre se trouvait au sud-Cameroun, aboutit à l'installation d'un mode de production néolithique dans le nord et l'ouest de l'Afrique centrale. Au Congo, les premières traces de ces populations se matérialisent vers – 2 600 ans par la dite « tradition Imbonga » près de Mbandaka et du lac Tumba, et par la « tradition Ngovo » au bas-Congo à partir de – 2 300 ans. De l'autre côté du pays, au Kivu, on voit apparaître des villages de la « tradition Urewe ». Ces villages ne sont que l'extension occidentale de communautés productrices de nourriture, métallurgistes, installées surtout en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, dans l'ouest du Kenya et de la Tanzanie ; les plus anciennes traces y sont datées de – 2 600 ans.

La métallurgie du fer se développe de manière indépendante à ces installations, les plus anciennes traces se découvrent en Afrique centrale au nord-ouest (sud-Cameroun et zone de Bouar en Centrafrique), et au nord-est (région interlacustre). Au Congo-Kinshasa, le fer n'est pas connu dans la région occupée par la tradition Imbonga ; ce n'est que plus tard vers – 2 000 ans que l'on travaillera ce métal (sites de Pikunda et de Munda). Vers la même époque, le bas-Congo connaît ses premières fontes du fer dans le cadre de la tradition Kay Ladio qui suit dans le temps la tradition Ngovo. Au Kivu, dès l'installation des premières communautés villageoises, il est probable que le fer est présent, comme l'attestent les nombreux fours de réduction du fer bien connus au Rwanda et au Burundi.

Plus tard, comme l'indiquent des recherches allemandes sur les affluents du fleuve Congo, ces premières populations vont lentement coloniser le cœur de la forêt équatoriale en suivant les axes des cours d'eau de l'aval vers l'amont ; des travaux espagnols dans l'Ituri suggèrent qu'il faut attendre – 800 ans pour rencontrer les premiers villages dans certains secteurs de la forêt.
Royaumes et empires.

Vers la fin du Moyen Âge, différentes populations, alors organisées en chefferie, s'édifient en royaumes (luba, kuba, lunda, kongo, etc.) qui, pour certains, voient leurs apogées correspondre avec les premiers contacts avec les Européens du XVe siècle. Cette période est marquée par différents royaumes marchands, commerçant avec les esclavagistes sur la côte et entre eux à l’intérieur du continent. Certains royaumes s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres et possèdent des réseaux commerciaux par delà leurs frontières. Le commerce se fait par portage ou voie fluviale.

Ces populations ne connaissaient pas la propriété privée, la terre cultivée en groupe ne se vend pas, les différents royaumes n’ont pas de frontières exactes (le territoire d'une petite ethnie comprend à peu près 5000 km²). Beaucoup ne connaissent pas la monnaie et font du troc, les membres d'une même chefferie s'entraident gratuitement. La science non écrite se transmet d'une génération à l'autre, les enfants devant assumer le même métier que leurs parents. Les rois ou empereurs n’ont pas de véritable pouvoir. Ce sont plutôt les chefs de villages qui ont de l’autorité. Les royaumes sont plutôt le résultat d’unions temporaires de différents regroupements de villages de même langue pour se défendre contre une ethnie voisine.

La traite des noirs s’étend jusqu’à l’intérieur du continent et correspond, avec la traite de l’ivoire, à l’essor économique ou au déclin des différents royaumes. Elle a eu surtout un impact démographique sur l’est du pays et a fait pâtir la tradition orale. Les Européens se limitèrent aux régions côtières jusqu’à la moitié du XIXe siècle. À l’est du pays, aujourd’hui Ituri et Kivu, les Arabo-swahili répandirent l’islam et pratiquèrent également la traite négrière.

Colonisation
Ces frontières ont été reconnues à l'issue de la conférence de Berlin, en 1885. Le 1er août 1885, Léopold II de Belgique accepta la souveraineté sur l'État indépendant du Congo. Les atrocités inhérentes au système d'exploitation acharnée du caoutchouc rouge furent telles qu'elles indignèrent la communauté internationale de l'époque et obligèrent le roi des Belges à renoncer à son régime personnel au Congo. En 1908, l'État belge reprit l'exploitation de la colonie.

Congo belge (1908–1960)
Dès les années 1940, dans ce qui était alors le Congo belge, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale Léopoldville : celle des « gens d'en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et celle des « gens d'en haut » parlant le lingala, venant de l'Équateur d'abord et finalement de tout l'intérieur du pays. Dans la première catégorie se forma en 1949 une association d'abord culturelle et finalement politique, l'Alliance des Bakongo (ABAKO), dont Joseph Kasa-Vubu devint président en 1954. Son rêve devint de rétablir l'ancien royaume Kongo de l'époque portugaise, en fait celui des Bakongo. Cette tendance se durcit très vite et réclama bientôt l'indépendance immédiate tout en demeurant fédéraliste lorsqu'il s'agit plus tard de discuter le problème du reste du Congo. Les évolués « d'en haut », venant de régions plus diversifiées et séduits par le « plan de 30 ans pour l'émancipation de l'Afrique » du Professeur belge Van Bilsen, publié en 1956, étaient aussi désireux de maintenir le grand Congo unitaire. Leur manifeste dans ce sens publié le 1er juillet 1956 fut vigoureusement combattu par l'ABAKO dès son assemblée générale du 23 août 1956. Le plan de 30 ans est déclaré utopique : « la nationalisation des grandes compagnies vivrières et agricoles comme des parastataux est souhaitable. Puisque l'heure est venue, il faut accorder aujourd'hui même l'indépendance immédiate ! »

La Belgique, qui croyait à la progressivité de la transition vers l'indépendance organisa les premières élections à l'échelon communal, limitées aux grandes villes en 1957. L'ABAKO triompha inévitablement à Léopoldville et cela impressionna certains unitaristes, tel Patrice Lumumba, un Tetela du Kasaï, intelligent et idéaliste, qui ne tarda pas à fonder son propre « mouvement national congolais » MNC-Lumumba, plus revendicatif que celui du MNC-Kalonji, Albert Kalonji étant aussi un Kasaïen unitariste. Ces jeunes rivalités politiques confrontées aux structures tribales compliquées du Congo allaient former un mélange détonant qui détruirait au bout de cinq années la première démocratie parlementaire congolaise. On ne peut que rappeler ici quelques épisodes saillants :

* émeutes de Léopoldville (4 -7 janvier 1959) provoquées par l'interdiction tardive d'un meeting de l'ABAKO. Arrestation de Kasa-Vubu le 12 janvier. Il sera libéré le 14 mars.

* Le 13 janvier, déclaration gouvernementale annonçant l'intention belge de réaliser rapidement l'indépendance du Congo unitaire. L'ABAKO rejette cette déclaration deux jours plus tard.

* La suite de l'année 1959 voit d'abord l'autorisation des partis congolais, suivie d'élections générales sur l'ensemble du territoire congolais marquées par toutes sortes de manœuvres de ces partis dont se dégagent trois pôles : un Cartel des nationalistes fédéralistes formés de 6 partis séparatistes ou autonomistes dont l'ABAKO et le MNC-Kalonji, le pôle du MNC-Lumumba et finalement celui de l'homme fort du Katanga, Moïse Tshombé, conscient de la force économique de sa région et de l'intérêt de s'entendre avec l'Union minière du Haut Katanga (tout comme Kalonji vis-à-vis des exploitations de diamant au Kasaï). Parmi les partis qui émergent on retrouve le PSA (Parti Solidaire Africain d'Antoine Gizenga), le PNP (Parti national du peuple conduit par Albert Delvaux et Laurent Mbariko) Le LUKA (L'Union kwangolaise) par André Petipeti Tamata et Pierre Masikita.

* En 1960, ce fut la Table Ronde de Bruxelles (du 20 janvier au 20 février) où représentants congolais et belges fixèrent les étapes suivantes. En mai eurent lieu les élections législatives. La première chambre des députés désigne par tirage au sort André Petipeti Tamata comme le premier président de chambre des représentants. Il dirige le bureau provisoire pour valider les mandats des députés élus et l'élection définitive du bureau. Les élections législatives et provinciales marquèrent de nouveaux clivages et alliances (scission de l'ABAKO) d'où résulta un compromis : Joseph Kasa-Vubu fut élu Président par le Parlement, Lumumba étant Premier ministre.

* Au moment de l'indépendance du pays, le roi des Belges se rendit en personne à Léopoldville (future Kinshasa) pour assister aux cérémonies consacrant la fin de l'union coloniale entre la Belgique et le Congo, et marquant la naissance sur la scène internationale de ce nouvel État francophone (langue officielle) d'Afrique.

Les débuts de la première République du Congo (1960–1965)
Le Congo belge devint indépendant le 30 juin 1960 en tant que « République du Congo » tandis que l'ancienne colonie française voisine du Moyen-Congo adoptait le titre de « République du Congo » à son indépendance, le 15 août 1960. Les deux pays sont différenciés en affixant leur capitale à leur nom.

Dans l'armée du nouvel État indépendant, les blancs gardent le pouvoir.La radio accuse alors les anciens colons de complot contre le nouvel état, ce qui provoque la colère des soldats bangalas et balubas qui se mettent à persécuter la communauté blanche. La Belgique menace alors d'intervenir militairement. Sur ce, le premier ministre Lumumba appelle l'Union soviétique à l' aide. Les soldats balubas et bangalas n'étant pas représentés dans le gouvernement, ils commettent alors un coup d'État et renversent le premier ministre. Au sein de l'armée, devenue complétement africaine, le général Mobutu Sese Seko prend les rènes et installe un gouvernement de commissaires. Mobutu est bientôt soutenu par les États-Unis, qui voient d'un mauvais oeil le socialisme de Lumumba. L'ONU propose sa médiation à la place des troupes soviétiques ou belges.

C'est de ce coup d'État que profiteront, le 11 juillet 1960, les dignitaires du Katanga, sous la direction de Kapenda Tshombé Moïse pour faire sécession. Les autorités du Katanga créent alors leur propre monnaie et leur propre police. Lumumba accepte la venue des casques bleus. Le Sud Kasai proclame également son indépendance. Ainsi le gouvernement central perd ses deux provinces minières et Lumumba se retrouve sans argent. Les troupes de l'ONU sensée intervenir pour mettre fin à la sécession n'agissent pas, tandis que Lumumba, prisonnier de Mobutu, est déporté au Katanga.

La première guerre du Congo commence en 1962. Le gouvernement central s'attèle à reconquérir les provinces sécessionnistes. L'assassinat de Patrice Lumumba en 1961 et la reprise du Katanga et du Sud-Kasaï (qui avaient fait sécession au lendemain de l’indépendance) marqueront le début de l'ascension du général Mobutu Sese Seko.

Le titre « République démocratique », un nouveau drapeau et une nouvelle devise sont adoptés en 1964.

En 1965 le Congo est pacifié. Toutes les révoltes tribales, ethniques ou des partisans de Lumumba ont été matées.

La première République démocratique du Congo sous Mobutu (1965–1971)
Mobutu Sese Seko s'empare définitivement du pouvoir en 1965. La libération de Stanleyville marque le début des années de guerre qui se poursuivirent jusqu'en 1966. Toute cette région vit des atrocités qui firent au moins 500 000 morts civils et militaires. Il faudra l'intervention de troupes étrangères pour mettre fin à ce carnage. Après les décrets de 1966, 1967 et 1969, les mines et les plantations sont nationalisées.

En 1971, commence la politique dite de l'authenticité, africanisation des noms pour les citoyens, les villes, les rivières, et le pays lui-même qui devient le « Zaire ». Dès lors il n’y aura plus de confusion avec la « République congolaise » voisine dont le nom va aussi être modifié en « République du Congo », mais les deux républiques du Congo étaient généralement distinguées par leur capitale : on parlait de Congo-Léopoldville et de Congo-Brazzaville.

La zaïrianisation forcée sous le régime de Mobutu (1971–1997)
Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par le général Joseph-Désiré Mobutu, ce dernier entame à partir de 1972 une campagne d'« authenticité » afin de maintenir sa popularité. Le pays est renommé République du Zaïre en 1971 d'après un mot local pour rivière, et portera ce nom jusqu'en 1997. De même, le fleuve Congo est rebaptisé Zaïre et une nouvelle monnaie, le zaïre, divisé en 100 makuta (singulier likuta), remplace le franc. Les noms des personnes sont africanisés.

À partir de 1974, de nombreux biens des étrangers sont confisqués (zaïrianisation), nombre d'entre eux étrangers commencent à quitter le pays.

L'économie se met à péricliter avec la hausse du prix du pétrole (double choc pétrolier) et la baisse de celui du cuivre. La corruption et la mauvaise gestion entrainent une inflation vertigineuse. La banque centrale de Kinshasa faisant l'objet de ponctions des dirigeants, le FMI impose en 1978 Erwin Blumenthal à la tête de la banque centrale pour endiguer les détournements d'argents mais celui-ci ne peut se maintenir longtemps. Les hauts fonctionnaires zaïrois investissent l'argent sous forme d'avoir dans des pays occidentaux.

La seconde République démocratique du Congo
Mobutu est renversé par Laurent-Désiré Kabila en 1997 lors de la Première guerre du Congo. Le pays retrouve son nom de République démocratique du Congo.

Actuellement, l'ONU maintient la présence de militaires de différents pays dans le cadre de la MONUC, mais plusieurs dissidences et révoltes persistent et de nombreuses violences continuent. La guerre aurait fait 3,8 millions de morts (chiffres d'un responsable congolais commentant un rapport de la commission des droits de l'Homme de l'ONU, 2003).

République Démocratique du Congo
Avant d'être touché par la grande migration des peuples de langue bantou, le pays a d'abord été habité par des Pygmées. Le brassage de populations qui a résulté de ces mouvements explique la grande diversité des peuples et des langues de la République démocratique du Congo.

Les formations étatiques ont été très nombreuses avant la colonisation. Ces royaumes présentaient des caractéristiques communes : la succession au trône se faisait plutôt en descendance matrilinéaire et donnait lieu à une élection ou à une compétition des concurrents, qui dégénérait parfois en querelles fratricides. Les écrits des voyageurs européens nous ont révélé le faste de la cour des souverains et la rigueur du cérémonial.

De tels royaumes fondaient leur richesse sur un commerce très actif. Dans les régions forestières, les fleuves permettaient des échanges par relais : les produits de la côte passaient de main en main et remontaient sur des centaines, voire des milliers de kilomètres; ceux de l'intérieur effectuaient le chemin inverse. À partir du XVIème, les produits importés d'Europe et surtout d'Amérique se sont implantés à l'intérieur du continent: la culture du manioc, du tabac, du maïs s'est développée dans une grande partie de l'Afrique centrale. Dans les zones de savane, le commerce se faisait, par caravanes, avec l'ouest puis avec l'est du continent. À partir du XVIème, la traite des esclaves a ravagé l'ensemble du pays, entraînant des razzias meurtrières, des guerres incessantes entre tribus et entre royaumes, et finalement la dislocation de ces systèmes étatiques. Après 1860, la traite atlantique disparut mais elle fut relayée par la traite orientale et australe, sous l'impulsion des Swahilis. Cette traite arabe, qui perdura jusqu'à la fin du XIXème, provoqua des migrations de populations (Luba) qui expliquent la présence de minorités musulmanes dans l'est du pays.

Le plus ancien État connu dans la région est le royaume du Kongo, dont le partage colonial a ultérieurement réparti les populations entre les États de la République démocratique du Congo, de la République du Congo et de l'Angola. Le royaume kouba se constitua dans le Kasaï occidental et le Lulua. Ses origines remonteraient, elles aussi, au XVème, mais il ne prit réellement son essor qu'au XVIIème, sous le règne de Chamba Bolongongo. Ce souverain «moderniste» encouragea les nouvelles cultures et répandit le tissage du raphia. À la fin du XVIIème, les Luba envahirent le royaume kouba. Celui-ci perdura néanmoins jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904.

Le royaume luba aurait été fondé dans le Katanga par Kongolo, venu de l'est au XVIème. À la fin du XVIIème, l'un de ses successeurs, Kumwinbu Ngombé, étendit le territoire jusqu'au lac Tanganyika. L'histoire du royaume se caractérisa par d'intenses querelles de pouvoir et des luttes fratricides qui ne lui permirent pas de trouver la stabilité. Au XIXème, il devint la proie de ses voisins (Chokwé, Tétéla, Bayéké). À l'arrivée des Belges, en 1892, son territoire se limitait à une petite enclave à la source de la Lomani.

Le royaume lunda serait né, au XVIème, de l'union de diverses chefferies localisées dans le sud-ouest du Katanga. Vers 1660, le souverain Mwata Yamvo (dont le nom devint le titre dynastique) agrandit le territoire jusqu'au Kasaï et au Zambèze. Au XVIIIème, le royaume s'étendit encore à l'est et au sud. En 1885, les Chokwés envahirent l'est du royaume. Ils en furent chassés en 1887 par deux frères, Mushiri et Kawelé, au cours de la «guerre de la flèche de bois».

D'autres royaumes s'étaient établis dans les savanes du Nord-Est parmi les populations Zandé et Mangbetu Les petits groupes ethniques disséminés dans les régions forestières de la cuvette, regroupés sous le nom de Mongo, n'étaient pas, quant à eux, politiquement organisés.

Au XIXème, de nouveaux royaumes se constituèrent sous la houlette des «princes marchands». Msiri, originaire du Tanganyika, s'enrichit dans le commerce de l'ivoire, du cuivre et des esclaves, au Katanga, vers 1850. Puis il entreprit de se tailler un véritable empire, nommé le Garangazé. Vers 1880, son pouvoir s'étendait sur tout le sud de la République démocratique du Congo actuelle.

Marchand originaire de Zanzibar, Tippoo-Tip eut un itinéraire semblable, à l'ouest du lac Tanganyika, dans les années 1860. Son État devint solide et prospère grâce au commerce mais aussi à la création de grandes plantations et d'un réseau routier menant vers la côte. D'autres États se constituèrent à la même époque: le royaume zandé, fondé à la fin du XVIIIème ou au début du XIXème sur le plateau de l'Oubangui et jusqu'à l'Uélé; le royaume mangbetu, fondé par Nabiembali en 1815, dans la pointe nord-est de la République démocratique du Congo actuelle.

En 1482, les Portugais qui reconnurent l'embouchure du fleuve Congo révélèrent à l'Europe l'existence d'un «royaume de Kongo». Durant des siècles, les Portugais limitèrent leur implantation à la région littorale, en Angola. Les véritables explorations ne débutèrent qu'à la fin du XVIIIème, et c'est seulement dans les années 1870 que les Européens, avec en tête sir Henry Morton Stanley, le premier à avoir parcouru l'ensemble du cours du fleuve Congo, levèrent le voile sur les terrae incognitae du continent noir.

Le roi des Belges, Léopold II, qui rêvait d'un empire en Afrique, créa en 1876 l'Association internationale du Congo (AIC), nom adopté en 1883, et chargea Stanley de mission. Au début des années 1880, celui-ci entra en rivalité avec Pierre Savorgnan de Brazza (au service de la France). En 1881, le grand explorateur britannique remonta le fleuve Congo sur sa rive gauche et y établit la domination de l'AIC, en fondant, en l'honneur du roi des Belges, Léopoldville, à proximité du village de pêcheurs de Kinshasa. En 1885 fut créé par les puissances européennes réunies à la conférence de Berlin l'«État indépendant du Congo» (EIC), propriété personnelle du roi des Belges, Léopold II.

Léopold II fit mater avec brutalité les nombreuses résistances. Sous le prétexte de lutter contre la traite des esclaves, les colonisateurs brisèrent les États des princes marchands. Mais les résistances se poursuivirent longtemps. Les Tétéla étaient toujours invaincus en 1907. Quant à Kasongo Niembe, souverain du royaume luba, il demeura insaisissable jusqu'en 1917. Léopold II confia à des compagnies à charte le soin d'exploiter les richesses de la colonie: le caoutchouc et l'ivoire, principalement. Un décret de 1889 établit que les terres «vacantes» appartenaient de droit à l'État : dans une économie de chasse, de cueillette et de nomadisme agricole (culture sur brûlis), ce système retirait aux peuples leurs sources de revenus. Des populations entières se trouvèrent donc contraintes de travailler pour le compte de l'EIC. L'impôt, le travail forcé, les mauvais traitements, les corvées, la répression souvent d'une brutalité inhumaine, les exactions commises par les compagnies ont valu à cette période de l'histoire de la République démocratique du Congo le nom de «temps des exterminations». En 1888, Léopold II créa une Force publique chargée de maintenir l'ordre. La convention signée par l'EIC et le Saint-Siège à Rome, en 1906, accorda aux missionnaires des concessions de terres qui leur permirent de vivre et, souvent, de s'enrichir.

En 1908, Léopold II, discrédité par les scandales soulevés en Belgique par la révélation des atrocités commises sous son autorité par les compagnies coloniales, fut contraint d'abandonner l'EIC à la Belgique.

Avec le Congo belge, l'exploitation coloniale, toujours dominée par de grandes sociétés agricoles ou minières, changea de nature. Les Belges, s'employant à effacer le système léopoldien, rétablirent la liberté de commerce en 1910 et supprimèrent le monopole du caoutchouc et de l'ivoire. L'exploitation des ressources minières connut un nouvel essor avec des entreprises comme l'UMHK (Union minière du Haut-Katanga) et la Société générale de Belgique.

Pendant la Première Guerre mondiale, la violation de la neutralité belge (en Europe), puis les incursions des Allemands dans le Kivu et à l'ouest du Tanganyika précipitèrent les Belges dans le conflit. Ils mobilisèrent 18 000 soldats, mais surtout 200 000 porteurs, qui participèrent à la conquête du Cameroun allemand (Kamerun), assistèrent les Britanniques de Rhodésie aux prises avec les forces allemandes du Tanganyika, et envahirent le Rwanda et le Burundi, puis le Tanganyika.

Caractérisée par un paternalisme caricatural, n'excluant pas une répression féroce de tout mouvement revendicatif, l'exploitation coloniale se poursuivit après le conflit. Le droit coutumier fut codifié et l'Administration renforcée. Les populations furent réparties en ethnies, la colonie divisée en provinces, districts et territoires ou secteurs. Une intense urbanisation entraîna la création de centres extracoutumiers dans les villes, confiés à des chefferies artificielles. La colonisation belge fut également marquée par la discrimination raciale. L'enseignement, presque en totalité confié à des instituts religieux, était limité au primaire, selon l'adage en vigueur «Pas d'élite, pas d'ennuis !». Seule une infime catégorie d'«évolués» avait quelques privilèges.

La colonie bénéficia d'une industrialisation peu importante mais qui, lors de l'indépendance (1960), lui donnait une certaine avance sur ses voisins: savonneries, margarineries, industries textiles, fabriques de chaussures, brasseries, briqueteries... Elle disposait également de 30 centrales hydroélectriques, d'un réseau ferroviaire (mis en place à partir de 1898), d'un réseau routier et de trois aérodromes internationaux.


Durant la Seconde Guerre mondiale, la colonie participa aux combats en Éthiopie. Certains soldats furent ensuite envoyés en Extrême-Orient. Au Congo belge, les journées de corvée augmentèrent pour intensifier la production de minerai, de caoutchouc et d'huile de palme. Entre 1945 et 1960, le Congo belge connut ainsi une période de réel développement économique. Plus de 100 000 Européens (Belges, Portugais, Grecs) géraient l'administration et les grands secteurs de l'économie. Après la guerre, les Belges demeurèrent longtemps hostiles à l'évolution de leurs colonies. En 1956, le professeur Van Bilsen publia un Plan de trente ans pour l'émancipation de l'Afrique belge. Le livre fit scandale. Pourtant, dès 1946, quelques syndicats furent autorisés, mais sous la surveillance étroite de l'Administration.

La liberté d'expression étant inexistante, l'opposition prit longtemps un tour religieux, sous l'égide d'Églises syncrétiques: celle de Simon Kimbangu, à partir de 1921, celle de la Kitawala (Watchtower), à partir de 1923, parmi d'autres. Mais le paternalisme qui régissait les rapports entre Européens et Congolais ne résista pas à l'émancipation des populations indigènes. Dans les années 1950, l'opposition se politisa. En 1956 parut le Manifeste de Conscience africaine, rédigé par un groupe d'«évolués» qui réclamait l'indépendance. L'exemple des colonies françaises qui, tels le Sénégal et, plus près, le Gabon, accédèrent à la souveraineté en 1960, entraîna rapidement le Congo belge dans la bourrasque d'une indépendance qui n'avait pas été préparée.

En 1957, l'Abako (Association des Bakongos), premier parti politique créé au Congo, remporta les élections municipales de Léopoldville. Un fait décisif se produisit le 4 janvier 1959: les habitants de la capitale déclenchèrent une émeute. Soudain conscients de l'inévitable, les Belges précipitèrent la décolonisation. Le 20 janvier 1960, une table ronde se réunit à Bruxelles pour organiser l'indépendance. Après des négociations bâclées, l'indépendance fut fixée au 30 juin 1960.

Joseph Kasavubu devint président. Quelques jours plus tard, le Congo-Léopoldville (renommé peu après Congo-Kinshasa) s'enfonça dans le désordre, avec la mutinerie de la Force publique; en juillet, sous la conduite de Moïse Tschombé, la riche région minière du Katanga fit sécession. Ainsi commençait une période chaotique, embrasant plus de la moitié du territoire, notamment le Kwilu, le Kivu et la ville de Kisangani. Le 14 septembre 1960, profitant des rivalités personnelles qui opposaient le chef du gouvernement, Patrice Lumumba, et le président de la République, Joseph Kasavubu, le colonel Mobutu «neutralisa» les deux hommes. Patrice Lumumba, l'une des grandes figures du nationalisme africain, devenu Premier ministre en 1960, fut incarcéré, puis, après avoir été atrocement torturé, livré au nouveau Premier ministre, le dirigeant katangais Moïse Tschombé. La crise congolaise prit alors une dimension internationale, le Congo ex-Belge devenant même le premier terrain d'intervention des Casques bleus de l'ONU en Afrique (ceux-ci mirent fin à la sécession katangaise en 1963). En 1963, des disciples de Lumumba lancèrent une guerre révolutionnaire dans le Kwilu; Laurent-Désiré Kabila figurait parmi eux. Les tentatives de sécession et les désordres en tous genres se multiplièrent. Après les forces de l'ONU, les Belges, l'URSS et les États-Unis intervinrent.

En octobre 1965, Tschombé fut à son tour écarté et contraint à l'exil; puis Mobutu se débarrassa de Kasavubu : le 24 novembre 1965, il s'empara du pouvoir par un coup d'État et se proclama président de la République du Congo. La Constitution fut suspendue, le Parlement dissous. Le 30 juin 1966, la capitale, Léopoldville, changea de nom pour devenir Kinshasa; un an plus tard, Mobutu instituait un parti unique, le MPR (Mouvement populaire de la révolution), support de son régime despotique. Le 27 octobre 1971, la République du Congo changeait à son tour de nom pour devenir la République du Zaïre. Enfin, en 1972, la politique de l'«authenticité» amena l'africanisation de tous les noms d'origine européenne (toponymes et état civil) : donnant l'exemple, Mobutu se gratifia lui-même du nom de Sese Seko Kuku Ngebendu wa za Banga («Intrépide guerrier terreur des léopards»).

Cette «zaïrisation» conduisit, en 1974 à la nationalisation des grandes compagnies minières étrangères qui exploitaient les immenses richesses du pays (cuivre, cobalt, manganèse, zinc, or, argent, diamants, uranium...). Mais cette politique ne profita pas à la masse miséreuse des Zaïrois. Le mobutisme, largement fondé sur le népotisme, la corruption généralisée et le détournement des richesses nationales au profit des proches du pouvoir (là résidait ce qu'on appela «le mal zaïrois»), conduisit peu à peu à une décomposition de l'État. En 1977-1978, une nouvelle tentative de sécession du Shaba (nouveau nom du Katanga) ne put être arrêtée que par une intervention des forces marocaine et française, appelées par Mobutu.

Mais, avec la fin de la guerre froide, le Zaïre cessa d'être un bastion anticommuniste. Après le départ des soldats cubains d'Angola, les Américains quittèrent à leur tour les bases militaires qu'ils utilisaient pour soutenir l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Dans le même temps, les minerais du Shaba, pour le contrôle desquels Français et Belges étaient militairement intervenus en 1978 à Kolwezi, perdirent de leur importance stratégique. La crise politique éclata au grand jour en 1990.

Comme tous les pays africains, le Zaïre fut saisi par les revendications de liberté et de démocratie qui se manifestèrent après l'effondrement du bloc communiste. Une Conférence nationale donna aux forces vives du pays l'occasion de s'exprimer, et le multipartisme dut être restauré. Quelques jours plus tard, l'armée tua plus de 500 étudiants qui manifestaient à Lubumbashi. Une nouvelle Conférence nationale, en 1991, amena la création de l'Union sacrée de l'opposition et Mobutu dut nommer Premier ministre le chef de l'opposition, Étienne Tshisekedi; mais l'affrontement entre l'opposition, menée par Tshisekedi, et le chef de l'État, qui s'appuyait sur l'armée et sa garde prétorienne, conduisit à une paralysie politique du pays; Tshisekedi, mis dans l'impossibilité de gouverner, fut limogé en 1993. Face à la décomposition de l'État et à l'effondrement de la monnaie, le peuple zaïrois tentait de survivre en déployant des trésors d'ingéniosité. L'insécurité croissante provoqua le départ de la plupart des Européens qui résidaient encore au Zaïre (septembre 1990). Les troubles, en outre, réveillèrent un tribalisme latent. Le Shaba fut le principal théâtre des violences ethniques: les autochtones lunda chassèrent quelque 400 000 Luba originaires du Kasaï, région où ils tentèrent de se réinstaller. Le nord du Kivu connut lui aussi son lot de massacres tribaux. Le 14 novembre 1992, une conférence nationale adopta un texte prévoyant que le Zaïre devait se transformer en une République fédérale du Congo. Ce texte devait en principe être soumis à référendum en 1997. Mais les événements allaient se précipiter.

En 1994, le nouveau chef du gouvernement, Léon Kengo WA Dondo, eut à faire face aux contrecoups des troubles du Rwanda : en juillet 1994, un million de Hutu fuyant les massacres qui se déroulaient au Rwanda (désormais gouverné par des Tutsi) avaient trouvé refuge dans l'est du Zaïre, où ils erraient dans des conditions sanitaires abominables.

En octobre 1996, tandis qu'après trois décennies de pouvoir, Mobutu, s'étant entre-temps proclamé maréchal, refusait de se retirer de la scène politique, une rébellion armée massivement soutenue par le Rwanda et l'Ouganda éclata dans le Sud-Kivu. Composées en majorité de Banyamulenge (Tutsi d'origine rwandaise installés dans l'est du Zaïre), soutenus par les pouvoirs en place au Rwanda et en Ouganda, les troupes de l'Alliance des forces démocratiques du Congo-Zaïre (AFDL) dirigées par Laurent-Désiré Kabila, attaquèrent les camps de réfugiés (Hutu) rwandais, puis s'emparèrent progressivement de toutes les grandes villes de l'Est du pays. L'AFDL progressa ensuite vers le nord. Dépourvue de solde et mal équipée, l'armée zaïroise ne lui opposa qu'une faible résistance et se livra à des pillages. Entré le 17 mai 1997 à Kinshasa, Kabila se proclama le chef de l'État, qu'il rebaptisa République démocratique du Congo, et se fit attribuer les «pouvoirs suprêmes» en matière de défense, de législatif et d'exécutif. En février 1998, il fit arrêter le chef de l'opposition, Étienne Tshisekedi, puis l'assigna à résidence dans son village natal de Kabeya-Kamwanga (Kasaï oriental). Tout en s'engageant auprès de l'ONU (le 26 mars) à organiser des élections pluralistes en 1999, il constitua un nouveau gouvernement dans lequel il cumulait les fonctions de Premier ministre, de ministre des Armées et de ministre de l'Intérieur.

Ayant pris conscience du danger représenté aux frontières du Congo par des gouvernements «tutsi» en Ouganda et au Rwanda, et par les armées banyamulenge présentes au Kasaï, Kabila, entouré d'un personnel politique principalement issu de son ethnie (Luba, ou Baluba, au Katanga et au Kasaï), à qui il avait réservé les emplois les plus lucratifs, se retourna alors contre les Tutsi qui l'avaient aidé à renverser Mobutu. En août 1998, devant la rébellion du Kasaï, soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, Kabila ne dut la sauvegarde de son pouvoir qu'à l'intervention de troupes envoyées par les gouvernements de l'Angola et du Zimbabwe. Le 18 avril 1999, alors que le pays s'engageait dans une guerre civile qui semblait sans issue, le président Kabila signa avec le président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, un accord de cessez-le-feu, prévoyant le déploiement d'une force de paix africaine en RDC et le retrait des troupes étrangères qui s'y trouvaient depuis 1998. Cet accord fut entériné, le lendemain, par la signature d'un pacte de paix avec le Tchad, l'Ouganda et l'Érythrée. Le 31 août, les dirigeants du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), principal mouvement de la rébellion contre le régime de Laurent-Désiré Kabila, signèrent à Lusaka, en Zambie, l'accord de paix conclu le 10 juillet, par les six États impliqués militairement dans le conflit en République démocratique du Congo. Toutefois, le premier semestre 2000 fut marqué par une reprise des combats, qui provoqua un nouvel exode des populations et augmenta le nombre de victimes de la guerre civile sur tous les fronts congolais.

www.megatimes.com.br
www.klimanaturali.org

Please Select Embedded Mode To Show The Comment System.*

Plus récente Plus ancienne